Les îles Canaries offrent des paysages variés, des dunes de sable aux sommets volcaniques. Si l’archipel est réputé pour sa sécurité, les randonneurs et les baigneurs s’interrogent légitimement sur la faune locale. Dans cet article de la section Voyage, nous explorons les animaux dangereux aux Canaries. L’archipel ne compte aucun grand prédateur terrestre ni serpent venimeux endémique. Toutefois, l’isolement géographique a favorisé le développement de quelques espèces discrètes capables de causer des désagréments si l’on ne prend pas les précautions nécessaires.
Les menaces terrestres : entre roches volcaniques et sentiers arides
Le relief accidenté de Tenerife, Lanzarote, Fuerteventura ou Grande Canarie constitue un habitat propice à certains arthropodes. Le risque provient principalement de ce qui se dissimule sous vos pieds, à l’abri du soleil direct.

La scolopendre des Canaries (Scolopendra canariensis)
La scolopendre est un mille-pattes prédateur mesurant jusqu’à quinze centimètres. Dotée d’une coloration brune à jaune orangé, elle se déplace avec une grande rapidité. Son venin n’est pas mortel, mais sa morsure, infligée par des forcipules, provoque une douleur intense et persistante. La zone touchée peut gonfler, accompagnée parfois de fièvre ou de maux de tête chez les personnes sensibles.
L’erreur fréquente consiste à retourner des pierres volcaniques à mains nues lors d’une randonnée. C’est là que la scolopendre se repose durant la journée. Pour éviter toute morsure, portez des gants de jardinage épais lors de la manipulation de roches et ne laissez jamais vos chaussures de randonnée à l’extérieur de votre hébergement durant la nuit.
Scorpions et araignées : une présence discrète mais réelle
Le scorpion jaune (Buthus occitanus) occupe certaines zones sèches et rocailleuses. Sa piqûre est très douloureuse, mais rarement dangereuse pour un adulte en bonne santé. Les symptômes se limitent généralement à une brûlure vive, un engourdissement et une rougeur locale. La vigilance reste de mise lors de l’exploration des terrains arides.
Concernant les arachnides, l’araignée recluse brune (Loxosceles rufescens) est l’espèce la plus surveillée. Elle privilégie les endroits sombres comme les caves ou les recoins de maisons peu occupées. Sa morsure est initialement indolore, mais son venin peut entraîner une nécrose des tissus sans traitement rapide. Cette araignée craintive ne mord que si elle se sent acculée, par exemple lorsqu’elle est coincée dans un vêtement.
Le cas des chenilles processionnaires dans les pinèdes
Dans les forêts de pins de Tenerife ou de Grande Canarie, vous pouvez croiser des files de chenilles processionnaires à la fin de l’hiver. Le danger réside dans leurs poils urticants qui flottent dans l’air. Chez l’humain, ils provoquent des éruptions cutanées et des irritations oculaires. Pour les chiens, le contact avec la langue peut causer une nécrose grave nécessitant une intervention vétérinaire d’urgence.
Dangers marins : ce qui se cache sous la surface bleue
L’océan Atlantique entourant les Canaries abrite une biodiversité riche, incluant des créatures urticantes ou venimeuses transportées par les courants marins.
La caravelle portugaise et les méduses
La caravelle portugaise (Physalia physalis) est un siphonophore souvent confondu avec une méduse. Elle se reconnaît à son flotteur bleu violacé en surface. Ses filaments peuvent atteindre plusieurs mètres et restent actifs même après l’échouage sur le sable. Un contact provoque une douleur comparable à une décharge électrique intense, pouvant entraîner des malaises.
L’océan agit comme un convoyeur naturel. Une houle marquée ou une tempête au large peut déporter ces organismes vers les zones de baignade. Ce phénomène est imprévisible. Observez toujours le mouvement de l’eau et les débris déposés sur le sable pour évaluer la présence potentielle de ces créatures marines avant de vous baigner.
Poissons-pierres, rascasses et oursins
Dans les zones rocheuses et les piscines naturelles, la prudence est nécessaire. La rascasse brune et le poisson-pierre canarien se camouflent parmi les roches volcaniques sombres. Ils possèdent des épines dorsales venimeuses. Marcher sur l’un d’eux provoque une douleur syncopale. Les oursins sont également nombreux dans les anfractuosités. Leurs épines calcaires se cassent facilement dans la peau, causant des inflammations ou des infections si elles ne sont pas extraites avec soin.
Espèces animales à surveiller aux Canaries
| Espèce | Description |
|---|---|
| Scolopendre | Mille-pattes prédateur causant une morsure très douloureuse. |
| Caravelle portugaise | Siphonophore marin provoquant des brûlures graves. |
| Rascasse / Poisson-pierre | Poissons aux épines dorsales venimeuses cachés dans les rochers. |
| Oursin | Échinoderme aux épines cassantes présent dans les zones rocheuses. |
| Chenille processionnaire | Larve aux poils urticants présente dans les forêts de pins. |
Prévention et bons réflexes : comment éviter les mauvaises rencontres
La plupart des incidents avec la faune locale peuvent être évités grâce à quelques règles de bon sens et un équipement adapté.
L’équipement indispensable en randonnée et en mer
Pour la randonnée, privilégiez des chaussures montantes protégeant les chevilles des morsures potentielles. Ne glissez jamais vos mains dans des trous ou sous des rochers sans visibilité. Si vous bivouaquez, secouez systématiquement vos vêtements et chaussures avant de les enfiler le matin.
Pour la baignade, l’usage de chaussures d’eau en néoprène avec semelle en caoutchouc est fortement recommandé. Elles protègent des oursins, des poissons venimeux et des coupures causées par les roches volcaniques tranchantes. En cas de signalement de méduses, évitez la baignade, car les filaments sont souvent invisibles dans l’eau agitée.
Comprendre la signalisation des plages
Les plages surveillées utilisent un système de drapeaux strict. Le drapeau jaune incite à la prudence, souvent en raison de courants forts ou de la présence de méduses. Le drapeau rouge interdit la baignade. Un drapeau spécifique, souvent blanc avec deux méduses, prévient d’une présence massive de cnidaires. Écoutez toujours les recommandations des sauveteurs locaux, qui connaissent parfaitement les cycles de la faune marine.
Que faire en cas de piqûre ou de morsure ?
En cas d’accident, une réaction rapide limite la diffusion du venin et la douleur.
Les premiers soins d’urgence
Pour une piqûre de méduse ou de caravelle portugaise, ne rincez jamais à l’eau douce, car cela fait éclater les cellules urticantes. Utilisez de l’eau de mer. Retirez les filaments visibles avec une pince à épiler ou en grattant doucement avec une carte bancaire. Pour les piqûres de poissons venimeux, le venin est thermolabile : plongez le membre atteint dans de l’eau chaude, à la limite du supportable, pendant 30 à 90 minutes pour neutraliser les toxines.
Quand consulter un médecin ou appeler le 112
Le numéro d’urgence européen est le 112. Appelez immédiatement si la victime présente des signes de réaction allergique généralisée, comme une difficulté à respirer, un gonflement du visage ou une perte de connaissance. Une morsure de scolopendre sur un enfant ou une personne âgée nécessite également une surveillance médicale. Les Centres de Santé locaux sont équipés pour traiter ces incidents fréquents et soulager rapidement la douleur.
Les Canaries ne sont pas une terre de dangers mortels, mais elles exigent le respect des règles de la nature. En restant attentif à l’endroit où vous posez vos mains et vos pieds, vous transformerez ces risques potentiels en simples anecdotes de voyage.